Sources et ressources sur l'épidémie de Covid-19

Décès dus au Covid-19 : le nombre officiel de morts en France est-il surestimé ?

chiffres france

En France comme dans de nombreux pays se pose la question des morts attribuées au Covid-19. On sait notamment qu’en Italie on ne fait pas de différence entre « les personnes mortes DU virus et celles mortes AVEC le virus », on sait qu’en Allemagne le président de l’institut Robert Koch a confirmé que le pays comptait « toute personne décédée testée positive au coronavirus comme une victime du Covid-19, que le virus soit responsable ou non de la mort. » Et c’est le cas dans beaucoup d’autres pays.
Qu’en est-il dans l’hexagone ?

Les morts en EHPAD

Concernant les morts en EHPAD et autres structures équivalentes voici ce que l’on trouve sur le rapport du « Point épidémiologique hebdomadaire national » de L’INSEE du 23 avril. Ce tableau vaut pour la période du 1er mars au 20 avril 2020 :

On notera que la majorité des cas sont des « cas possibles » et par ailleurs que d’après le tableau aucun décès n’a été à déplorer dans le personnel des instituts concernés, malgré 31907 « cas » cumulés.

Quelle est la différence entre un « cas possible » et un « cas confirmé » ?

Cas confirmé COVID-19 : « toute personne, symptomatique ou non, avec un prélèvement confirmant l’infection par le SARS-CoV-2 parmi les personnes résidentes ou les membres de personnel d’un EMS/EHPA. »
Traduction : toute personne qu’elle soit malade (symptomatique) ou non est considérée comme un cas confirmé à partir du moment où un membre du personnel ou un résident a été testé positif au Covid-19. Autrement dit, un cas testé positif dans une résidence transforme immédiatement l’ensemble des personnes de la résidence en « cas confirmés », qui seront donc comptabilisés dans les statistiques du COVID-19.

Cas possible COVID-19 : « fièvre (ou sensation de fièvre) avec des signes respiratoires (comme la toux, un essoufflement ou une sensation d’oppression thoracique) OU autre tableau clinique compatible avec le COVID-19 selon le médecin, parmi les personnes résidentes ou les membres de personnel d’un EMS/EHPA. »
Traduction : toute personne résidant dans une structure type EHPAD dans laquelle « des résidents » ou « des membres de personnel » présentent des signes pouvant laisser supposer un cas de COVID-19 est considérée comme « cas possible ». Autrement dit, si un résident (ou un employé) tousse, tous les occupants de la résidence deviennent des « cas possibles », et sont comptabilisés dans les statistiques du COVID-19.


Population générale : les patients sont-ils tous testés ?

Réponse en page 6 du rapport :
« Les patients présentant des signes de COVID-19 ne sont plus systématiquement confirmés par un test biologique. Selon les recommandations ministérielles du 13 mars 2020, la réalisation de prélèvements à visée diagnostique n’est recommandée que pour certains patients et il convient notamment de tenir compte des comorbidités, de la profession (professionnels de santé) et du tableau clinique. »

Traduction : depuis le 13 mars, tous les cas de « COVID-19 » n’ont pas besoin d’être confirmés par un test virologique ce qui implique que n’importe quelle maladie avec des symptômes comparables (grippe principalement, mais aussi divers maux d’hiver) peut être inclue dans ce décompte.

Autres éléments intéressants dans ce même rapport :

Voici ce qu’on y lit à la page 7 :
« A noter que la mise en place d’un processus de qualité en lien avec les ARS et les cellules régionales (vérification et validation des données et amélioration de la qualité de la saisie dans les établissements) a mis en évidence une sur-déclaration et surestimation des cas cumulés chez les résidents et le personnel depuis le début de la mise en place de la surveillance. Ces ajustements ont été réalisés le 20 avril 2020. »

Et à la page 23 :
« Un excès de la mortalité toutes causes est observé au niveau national et est particulièrement marqué depuis la semaine 13 dans les régions Grand Est et Ile-de-France. La part de la mortalité attribuable à l’épidémie de COVID-19 reste cependant à déterminer. »

Est-ce que l’INSEE cherche à prouver une surmortalité ?

Interrogé par Libération, voici ce que Patrick Guérin, épidémiologiste et président d’Open Health Company, l’organisme qui coordonne la surveillance mondiale de la grippe a dit : «Il faut noter l’effort de transparence de l’Insee mais qui semble vouloir chercher la démonstration d’une forte surmortalité. Le choix est fait de comparer les données à mars 2019, où la mortalité était faible, alors que, par exemple, en janvier 2017, le nombre mensuel total de morts toutes causes confondues a été de 68 816 personnes. Un chiffre énorme qui s’explique par un virulent épisode grippal. De même, l’augmentation de la population qui implique une hausse des décès n’est pas prise en compte pour relativiser ces chiffres »

L’article explique également : « Avant le 31 mars, les établissements de santé ne pouvaient déclarer un cas comme lié au coronavirus que s’il avait été prouvé par un test biologique. Depuis, ils le peuvent aussi si avec pour seule preuve «un scanner thoracique évoquant un diagnostic Covid-19», d’après Santé publique France. Avec le risque d’intégrer d’autres infections respiratoires dans ces chiffres. »

À lire également : LeMonde.fr reconnait qu’il est « impossible d’établir avec précision le nombre de victimes du Covid-19 »

Sources :
Libération : « Covid-19 : que disent les nouveaux chiffres de décès de l’Insee ? » du 10 avril 2020 par Aude Massiot
SantePubliqueFrance.fr : Point épidémiologique hebdomadaire du 23 avril 2020

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16 commentaires
  • Bonjour tout le monde,
    A qui profite ce mensonge ce crime qui va entraîner le monde dans un chaos sans précédent ?
    Merci de vos réponses.

  • Je ne suis pas vraiment d’accord avec l’interpretation que vous faites des notes 6 et 7. Il ne me semble pas qu’une personne positives (ou présumée positive) implique toute les autres personnes de la résidence. Ce n’est pas comme ca que je comprends les notes 6 et 7, mais je reconnais que c’est ambigu.

    En tout cas merci d’écrire à ce sujet, c’est navrant qu’aucun article ne s’interroge sur l’origine de ces chiffres dans la presse.

    • Merci pour votre commentaire Gustave. La formulation des notes est effectivement ambiguë, néanmoins nous ne voyons pas d’autre manière de l’interpréter que celle avancée dans l’article.
      L’essentiel selon nous reste que ces questions soient posées, et nous vous rejoignons complètement sur le constat que personne dans la presse ne s’interroge sur l’origine de ces chiffres, et que c’est navrant, pour user d’un euphémisme.
      Que font les journalistes ?

  • Les informations à la radio ces jours-ci parlent de problèmes psychologiques à cause du confinement, des difficultés des PMEs, de ce qui va se passer après le 11 mai, et ainsi de suite. Depuis quelques temps, rien n’est dit au sujet d’hopitaux débordés ou meme d’hopitaux tout court. Quelle est la situation actuelle dans les hopitaux? Sont-ils à moitié vides, comme beaucoup d’hopitaux aux Etats-unis, photographiés par des “journalistes citoyens?” Le seul article un peu à propos que j’ai pu trouver date du fin mars et parle de la colère du président de la Fédération de cliniques et hopitaux privés qui dit : “Aujourd’hui malheureusement, alors que les capacités publiques sont dépassées, les établissements privés restent sous-utilisés. Un grand nombre de nos lits qui ont été libérés restent vides. Dans le Grand Est, nous avons libéré 70 places de réanimation qui n’ont pas encore été totalement affectées ce samedi par l’Agence Régionale de Santé ou les hôpitaux publics débordés. Pourtant, des patients sont transportés en avion dans le sud de la France.” https://www.upr.fr/actualite/n1eme-sabotage-letat-refuse-de-requisitionner-les-hopitaux-et-cliniques-prives-qui-sont-presque-vides-malgre-la-demande-pressante-du-president-de-leur-federation/
    Qu’en est-il maintenant?

    • Hello Jane, merci pour ton message. 🙂
      Ta question est très pertinente, c’est vraiment difficile de comprendre pourquoi et comment aucun média ou journaliste ne (se) pose ces questions.
      Est-ce que hasard on nous prendrait pour des idiots ?
      L’avenir nous le dira…

    • En effet tres difficile de connaitre la situation dans les hopitaux, cela fait partie de ces nombreux points « tabou » dans la presse, qui considère que cela ne nous interesse pas, ou ne nous regarde pas…

      De ce que je comprends, les hôpitaux ont annulé les opérations non urgentes, et donc se sont vidés pour faire face à la vague. Donc dans les régions où il n’y a pas beaucoup de cas, les hôpitaux sont plus ou moins à l’arrêt, alors que là où il y a beaucoup de cas, tout l’effectif de l’hôpital est concentré sur Covid.

      Sur un article de Bastamag j’ai pu lire ce commentaire:

      > « J’ai deux amies infirmières, une à Moulin et l’autre à Clermont, qui s’emmerdent littéralement, car ayant très peu de cas de covid hospitalisés, et après avoir annulé toutes les autres interventions chirurgicales, n’ont aucun boulot. »

      C’est quand meme dommage que la seule chose a se mettre sous la dent, c’est un commentaire au hasard d’internet. Que fait la presse, où sont les journalistes ? Peut-être confinés eux aussi, ca expliquerait pas mal de choses…

      Sinon quelques liens quand même:

      https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/deux-professeurs-du-chu-de-clermont-ferrand-font-le-point-sur-la-situation-de-l-epidemie-en-auvergne-et-les-nouvelles-sont-rassurantes_13781130/

      https://www.20minutes.fr/lille/2766475-20200423-coronavirus-lille-reprise-activite-pathologies-non-covid-va-etre-tres-complexe-estime-centre-hospitalier

      • Le confinement a bon dos, les journalistes ne sont pas confinés quand il s’agit de nous abreuver d’informations et d’images apocalyptiques.
        Combien de suicides, de dépressions, d’angoisse et de traumatismes provoqués par ce torrent nauséabond et ininterrompu de contenus hautement anxiogènes ?
        S’ils ne parlent pas (ou plus) des hôpitaux, c’est sûrement que la situation ne colle pas à leur cahier des charges catastrophiste.

      • Merci pour ces liens. Le médecin semble convaincu que c’est le confinement qui a porté ses fruits dans le Puy-de-Dome. Je me demande…J’habite dans le Puy de Dome et ai eu ce virus début mars. Toux qui m’empeche de dormir, fièvre, mal à la gorge. Je reste à la maison et vais mieux au bout de quelques jours. Pas pire qu’une petite grippe dans mon cas. Le jour avant l’apparition des symptomes, j’ai pris l’apéro avec une amie, le thé avec deux autres. On s’est fait la bise. A part moi, personne n’est tombée malade. C’est une petite histoire personelle, mais quand meme, cela veut dire que le virus circulait déjà dans le Puy-de-Dome bien avant le confinement n’est-ce pas? En meme temps, tout le monde n’a pas eu autant de chance que moi. Le beau-frère de ma voisine, par exemple, un monsieur de 69 ans, qui a attrapé le virus lors d’une fete de famille, a été intubé et maintenant est en rééducation pour réapprendre à parler et à marcher! L’intubation est déconseillée par beaucoup de médecins pour le covid-19. C’est à se demander si son cas nécessitait une intervention aussi brutale.

  • Bonjour à tous, La période d’observation de la surmortalité faite du 1er Mars à mi avril est réductrice. En effet la période de grippe saisonnière, établie par les organismes de santé se situe entre le 1er Octobre et Fin avril.
    Il convient de comparer alors le nombre de décès sur cette période globale par rapport aux années précédentes pour observer si une réelle surmortalité est observée.
    J’ai repris les données élémentaires sur le site de l’INSEE et j’obtiens le résultat suivant :
    – 1er octobre 2017- 6 avril 2018 : 344275 morts,
    – 1er octobre 2016- 6 avril 2017 : 342470 morts,
    – 1er octobre 2019 – 6 avril 2020 : 341446 morts.
    Le nombre maximum de morts en un mois civil est observé pour Janvier 2017 avec 68967 morts. Concernant la période actuelle, il y a une donnée intéressante que personne n’a mis à jour pour l’instant, c’est le fait que le mois de novembre 2019 a été le mois de novembre le plus mortel des mois de novembre des 5 dernières années. Décembre 2019 n’a pas suivi cette tendance est redevenu avec à un niveau inférieur des mois de décembre 2016 et 2017. Etait-ce déjà les premiers signes de l’apparition du COVID19 ? Est-ce un confinement du à la grève des transport qui a stoppé ce début d’épidémie ? L’INSEE pourrait faire ce type d’analyse plus complète que de donner des statistiques comparatives depuis simplement le 1er Mars ? Qu’en pensez-vous ? Je peux faire cette étude et vous transmettre toutes les données nécessaire.

    • Merci d’avoir précisé ces chiffres. Peux-tu me donner le lien vers les données sur la grippe? J’ai toujours du mal à trouver ce que je cherche sur Insée.