Sources et ressources sur l'épidémie de Covid-19

Les citoyens n’ont plus qu’un droit : “se taire et faire ce qu’on leur dit de faire” dénonce le chercheur Laurent Mucchielli

censure

Dans une interview accordée au magazine “Alternative-Santé”, le sociologue et directeur de recherches au CNRS, Laurent Mucchielli évoque l’affaire Perronne, la liberté de prescrire des médecins, les risques auxquels s’exposent ceux qui “dérogent à la doxa”, et les conséquences de la politique sanitaire sur la démocratie et le peuple français. Extraits.

“Ce qui m’inquiète davantage, ce sont toutes les formes de pression et d’intimidation qui sont exercées sur des médecins libéraux ou hospitaliers bien moins connus [que le Pr Perronne], dès lors qu’ils ont le malheur de dire publiquement qu’ils ne partagent pas tel ou tel dogme du ministère de la Santé, en particulier le dogme selon lequel il n’y aurait aucune thérapeutique pour soigner les malades de la Covid. Dans ces cas, il n’y a pas de sanction officielle ni de communiqué de presse. Tout se joue dans les coulisses et c’est généralement le Conseil national de l’ordre des médecins qui est à la manœuvre, parfois en service commandé du ministère mais souvent aussi à la suite de « signalements » provenant d’autres médecins. On peut faire l’hypothèse que ces derniers ne supportent pas la culpabilité que leur renvoient ceux qui tentent de soigner alors que eux acceptent de ne pas le faire. […]”

“Quoi qu’il en soit, le but est de faire taire ces « dissidents » afin de laisser croire que le ministère de la Santé parle au nom de tous les professionnels. La réalité est très différente. En fait, de nombreux médecins généralistes considèrent depuis le début de l’épidémie que leur rôle est de soigner les gens et non de les laisser se reposer chez eux avec du doliprane au risque que la situation s’aggrave et qu’il faille les hospitaliser. […]”

“Le problème de tous ces médecins est qu’ils sont isolés et donc sans défense. Certes, il s’est créé des collectifs au niveau national, le plus important et très actif étant « Laissons les médecins prescrire » qui s’est lancé dès le mois de mars. […] Mais c’est l’isolement local qui est le plus difficile pour les médecins non-conformistes.”

“Au contraire, ils sont beaucoup moins chahutés lorsqu’ils peuvent s’appuyer sur un groupe ou un collectif local. C’est le cas du collectif de La Réunion « Covid Médecins 974 ». Il compte une quinzaine de médecins et est soutenu en sous-main par nombre de leurs confrères qui n’osent pas le dire publiquement, par une partie des élites locales […] et une partie de la presse locale. De fait, leur convocation récente devant le conseil départemental de l’ordre des médecins n’a donné lieu à aucune forme de sanction. […]”

“Dans le contexte politico-sanitaire actuel, les espaces critiques sur la gestion du Covid-19 sont l’objet d’attaques régulières et de procès en irresponsabilité, “rassurisme” voire “complotisme”. Est-il encore possible de questionner la gestion de la crise ? Qu’est-ce que ça nous dit de la démocratie sanitaire dont les autorités se réclament ? […]”

“Parler de démocratie sanitaire dans le cas de la France en 2020 est une mauvaise plaisanterie. […] Il n’y a pas de démocratie sanitaire quand un gouvernement impose à l’ensemble des soignants une façon de penser et d’agir qu’il a décidé de son propre chef, dès le début d’une épidémie, qu’il est incapable de réviser au fil du temps et qu’il impose à n’importe quel territoire de façon uniforme […]. Il n’y a pas de démocratie sanitaire quand les professionnels de terrain sont à ce point méprisés, réduits au silence et menacés de sanctions s’ils dérogent à la doxa. Il n’y a pas non plus de démocratie quand la quasi-totalité des médias a perdu toute indépendance, que ces médias abandonnent toute neutralité et toute distance d’analyse critique, devenant de simples relais de la communication politique.”

“Il n’y a pas de démocratie quand toute parole qui ne se conforme pas aux injonctions de penser est traitée comme une trahison, qu’elle est décrédibilisée ou censurée. Quant aux citoyens, ils n’ont qu’un droit : celui de se taire et de faire ce qu’on leur dit de faire au moment où on leur dit de le faire.”

“L’infantilisation mentale et la contrainte comportementale sont le contraire de la démocratie. Nous assistons à une dérive autoritaire du pouvoir exécutif qui m’inquiète beaucoup plus que la Covid pour l’avenir de notre pays.”

Lire l’interview complète :
– Alternative-Santé : « Il n’y a pas de démocratie sanitaire quand les professionnels de terrain sont à ce point méprisés »

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