Sources et ressources sur l'épidémie de Covid-19

Confinement : « 30.000 à 33.000 personnes n’ont pas vu leur cancer détecté », selon le Dr. Axel Kahn

Interviewé par RTL ce week-end, Axel Kahn, scientifique, médecin, directeur de recherche à l’Inserm, et président de la Ligue nationale contre le cancer, revient sur le confinement qui touche à sa fin, et certains de ses effets.

Sur la fin du confinement :
Le Dr. Khan parle de « liberté retrouvée », « pour beaucoup de personnes, cela commençait à devenir insupportable. La question très importante de la vie, c’est quel est l’intérêt de vivre si on en éprouve pas de plaisir. »

« Avec le confinement qui s’éternisait, notamment pour des personnes qui se disaient qu’elles n’avaient pas énormément de temps devant elles, ça devenait quelque chose d’extrêmement anxiogène, et voire de désespérant. Il y a eu, d’ailleurs les psychiatres le savent très bien, il y a eu des dépressions extrêmement sévères, des décompensations de maladies psychiatriques, durant cette période. »

Sur les cancers :
Concernant le cancer, le docteur Axel Khan parle d’une « très grande inquiétude » : « La moitié simplement du nombre de cancers que l’on se serait attendu à détecter durant ces 2 mois de confinement ont été détectés. Il y a 30.000 personnes qui doivent avoir un cancer, 30.000 à 33.000, qui sont dans la nature parce qu’elles n’ont pas osé aller consulter, elles avaient la tête à autre chose, et là pour le coup le retard au diagnostic, c’est-à-dire le retard au plan thérapeutique pour essayer de vaincre la maladie, il peut avoir des conséquences, et ce peut être une perte de chances.»

Sur le tabac :
Le tabac est responsable de 75.000 décès par an en France, dont 45.000 par cancer. Le Dr. Khan observe en raison du confinement « une augmentation importante de la consommation de tabac chez un quart des personnes, et 41 % des personnes jeunes, et ça, malheureusement, ce sont des milliers de morts…»

Source :
– RTL : Confinement : 30.000 à 33.000 personnes n’ont pas vu leur cancer détecté, selon le médecin Axel Kahn

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1 commentaire
  • Sur la même ligne, Jean-Yves Blay, président d’Unicancer, déclare que les diagnostics plus tardifs chez des patients qui n’ont pas consulté lors du confinement risquent d’avoir de graves conséquences.

    « Nous craignons 5000 à 10 000 morts supplémentaires du cancer. Ces chiffres sont l’hypothèse optimiste : les Anglais ont des projections allant jusqu’à 40 000 patients décédés en excès. Ce problème est lié au retard de prise en charge. Les malades déjà suivis ont continué à l’être en temps et en heure. Ceux qui nous inquiètent sont donc les nouveaux patients. Par exemple, les femmes qui, en mars, ont senti une petite boule dans le sein et se sont dit qu’il valait mieux attendre la fin de l’épidémie pour consulter. Dans les centres 100 % dédiés à la cancérologie, nous notons une baisse de 20 à 50 % des nouveaux cas, alors imaginez dans les hôpitaux généralistes… »

    https://www.leparisien.fr/societe/prise-en-charge-du-cancer-5-000-a-10-000-deces-redoutes-a-cause-des-retards-lies-au-covid-03-06-2020-8328825.php